★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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70×100 cm
800€

une dizaine de jours à bamako, dont une semaine de canicule ; on en parle dans la presse, je n’invente rien ; écrasé par la chaleur ;
deux séances de peinture à la volé, avec les petits du quartier ;
beaucoup de siestes, de bains dans le niger, des douches à répétition, ici l’eau ne manque pas ; elle est même très bonne à boire ; avec un petit goût de roche et suivant les jours un léger goût de terre ;
ce soir le ciel s’épaissit, il y a de l’orage, ça va bien finir par craquer, hum une bonne averse tropicale, dix degrés de moins ;
mais rien à faire, le vent qui sent la pluie d’on ne sait où est chaud, brûlant même ; il tombe trois gouttes, et puis rien, l’espoir de fraîcheur s’évapore ;
maintenant il fait nuit, toujours aussi chaud ; le ventilateur au plafond bloqué sur vitesse maximale brasse l’air chaud, rendu généreusement par les murs de la maison chauffée toute la journée ; je m’endors ;
je ne sais à quelle heure soudain l’air s’épaissit, j’ai du mal à respirer, dans un demi sommeil, je pense vite, j’essaye de comprendre ce qui se passe, où suis-je ; je dois participer à une expérience, on m’a mis dans une pièce surchauffée, fermée, je vais en ressortir et bien rigoler et respirer normalement ;
mais ça dure, l’expérience est moins drôle, ce ne doit pas être ça ;
je me réveille, il y a une coupure de jus, le ventilateur s’est arrêté, il fait nuit noire, mais je vois l’air devant moi, solide et têtu, refusant tout net de se faire respirer ;
j’ai la sensation d’être un poisson, hors de l’eau ; rien ne sert de paniquer, ou de me révolter contre cette situation ; je sais bien que ça ne sert à rien ;
à moins de partir nu dans la nuit à la recherche d’un hôtel quatre étoiles, ou d’une banque ;
je sors de la chambre, pareil, je sors dans le jardin pareil, je n’y crois pas, c’est bon je capitule ; rien à faire que d’essayer de dormir en suant et sans respirer ;
je retiens mon souffle, jusqu’à demain, l’électricité revient le ventilateur re-brasse l’air chaud, ça va mieux je me rendors
extrait de « les pieds sur terre »

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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70×100 cm
800€

vendredi 25 février, quatrième jour à dakar, premier atelier au centre khar yalla, un an après le premier atelier des pieds sur terre en afrique ; en une sorte de cérémonial, je reviens sur mes pas, avec la surprise pour tous de me voir réapparaitre et comme je le pensais la joie des retrouvailles ;levé tôt, je pars de yoff layenne, un car rapide jusqu’à la patte d’oie, traversée de khar yalla en ébulition, il est 9 heures, le soleil commence à cogner très fort, chargé comme une mule, papier, peinture, pinceaux, je commence à suer, mais ça va dépoter ;je suis en avance j’en profite pour aller boire un bon café touba devant le centre, je discute avec le menuisier devant la porte qui m’a reconnu et me demande comment ça va, depuis l’an dernier ; son atelier est dans la rue, cette année il a construit une petite cabane pour ranger ses outils le soir et éviter d’avoir à les transporter chaque jour ;il est dix heures, je rentre dans l’école, toujours aussi émouvant, 250 enfants, 3 ans, 4 ans et 5 ans, 500 yeux qui me regardent, des petites mains qui s’agitent, ils veulent tous serrer la mienne, un peu d’agitation « hé, hé ! faites silence, croisez les bras », tout le monde croise les bras, comme par magie ; je prépare le matériel , les maitres et maitresses sont rompus à l’exercice et préparent la salle, nous distribuons pinceaux, peintures, feuille et ça démarre ;comme certains petits étaient là l’an dernier, ça part sur les chapeaux de roues et chose fascinante je retrouve les mêmes motifs que l’année dernière ; il y a quelques « cracrabouillages » mais la plupart des enfants s’appliquent, lavent consciencieusement leur pinceau pour changer de couleur, les enseignants à l’affût changent l’eau quand elle est sale, les feuilles quand les enfants ont finis, ils sont parfait ; la séance se passe, je n’ai pratiquement rien à faire que d’observer, m’émerveiller et dessiner ;je sers des dizaines de mains qui se tendent sur mes passages, réponds aux dizaines de « comment tu t’appelles »;assis je dessine je rigole avec les petits et je verse quelques larmes de bonheur, d’ailleurs, je me rends compte que depuis un an, je pleurs très souvent, de joie, devant tout les petits tellement mignons et émouvants ;à la fin de la matinée c’est l’apothéose, les enseignants font chanter tout ce petit monde ; »alouette, gentille alouette » un choeur quasi parfait, incroyablement juste et rythmé, 250 pious pious de 3 à 5 ans, ensemble, ça prend au tripes par la puissance sonore dingue ;je chiale encore, comme une grosse madeleine rose, j’ai commencé à bronzer ;
et pour tenter de cacher mes larmes, je reprends avec tout le monde »et la tête, alouette » ;

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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70×100 cm
800€

lundi 22 mars 2010,
on peut le dire
on pourrait dire, binta est marchande des quatre saisons, bien qu’ici il y en ait deux
on pourrait dire, binta a l’oeil qui brille d’intelligence, il est partout à la fois cet oeil
on pourrait dire, binta est diola, son père mort, sa mère est allée vivre à kaolack,
elle est restée dans une nouvelle famille, qui l’a adoptée, c’est comme ça ici,
elle a sa vrai maman à kaolack et sa nouvelle avec laquelle elle vit ici
on pourrait dire, binta qui a du bagout sait se faire remarquer, finement au
milieu du marché, ce monde de femmes toutes plus colorées et belles les unes
que les autres
on pourrait dire, binta est curieuse, pas farouche, elle lance sa ligne avec dextérité,
en choisissant précisément sa proie et elle ferre d’un coup sec, hummmm,
je mords
on pourrait dire, binta qui a 41 ans cette année a eu un fils de 19 ans avec un
gendarme sénégalais, envoyé au darfour, depuis ils sont séparés
on pourrait dire, binta a des mains de travailleuse et des pieds d’africaine
on pourrait dire, binta entend le wolof, le diola, le mandingue, le français,
l’anglais et apprend le peule
on pourrait dire, binta est allée trois ans à l’école, qu’elle a dû quitter pour travailler
on pourrait dire, binta a parfois un regard triste qui se perd dans le vide du ciel
mais aussi binta est gaie, elle rit et fait des blagues, remet à sa place ses
copines qui se moquent d’elle avec ce toubab, là tous les matins assis qui dessine
et lui parle
on pourrait dire, binta est belle, coquine, malicieuse, bonne, sensible et gentille
on pourrait dire, comme elle me le raconte, que la beauté n’est rien si elle est
seule sans personne avec qui la partager
on pourrait dire, binta est noire et fière de l’être, mais elle s’en fout aussi, elle
n’est pas raciste, elle aime toutes les couleurs
on pourrait dire, binta aime son travail, elle aime travailler, elle est indépendante
on peut dire que j’aime binta

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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70 X 100 cm
800€
hier ça s’est couvert vers 16 heures le ciel était noir, à 17 heures il faisait nuit et la pluie battait fort ;
les couchers de soleil ici sont aussi beaux qu’ailleurs, mais une chose à laquelle je ne me ferais jamais sous les tropiques c’est la nuit noire à 18 heures, au mieux ;
mes longues soirées d’été ne sont que souvenirs ; à 20 heures je tombe de sommeil en pensant qu’il doit être 23 heures bien tassé ; ce matin je traverse le quartier pour aller chez le boutiquier, je suis embrumé, comme le temps, le ciel est resté gris et bas, les bruits sont étouffés ; mais tout les gens que je croises sont ravis et me disent « il fait beau temps » ; oui, c’est vrai j’avais oublier ; au début on ne comprends pas, la sensation est physique elle ne se fait sentir qu’un petit peu après,
aujourd’hui ma chemise n’est pas collé à mon dos en sueur comme d’habitude après un raid de 100 mètres dans le quartier ; aujourd’hui je me sens léger pas de sensation de poids sur les épaules ; aujourd’hui le soleil ne brûle pas tout ce qu’il touche, aujourd’hui on peut respirer, l’air est même presque frais, c’est incroyable, en revenant à la maison le carrelage est presque froid, le bois n’est pas chaud, l’eau du robinet non plus, le béton non plus ;
je n’avais jamais vu ça ; à la radio, il paraît qu’il fait 24 degrés ; je dois me raviser, effectivement, il fait beau temps, aucunes raisons de faire la gueule ;
extrait de « les pieds sur terre »

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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huile sur toile
70 x 110 cm
800€

depuis que je suis à ziguinchor je suis écrasé, non pas par la chaleur il ne fait que 35, mais par l’humidité ; elle me tue ; hier parti avec l’intention de faire un atelier dans la famille, je n’ai rien pu faire, j’étais là dans la famille, dans la cour, sous le manguier, pour ainsi dire à la fraîche, le matériel dans mon sac, tous les enfants étaient prêts à en découdre, ou plutôt à en barbouiller; « on fait la peinture? », me demandent t’ils avec insistance, se souvenant de leurs séances ici même dans la cour, il y a deux ans ; leur énergie m’a fait peur, la chemise trempée collante dans le dos et aussi devant ; j’étais tétanisé sur mon siège, buvant l’ataya que me préparait babacar avec dextérité et avec force mouvement des bras, aérant, sucrant et chauffant le thé ; je ne pouvais tout simplement pas assumer la séance ; ayant un peu plus de temps à ziguinchor, dix jours au lieu de six dans les précédentes villes, je décidais de ne rien faire ce jeudi ; en fin d’après midi, j’arrivais cependant à me traîner à la maison, chez astou, où je loue une petite piaule, propre mais spartiate et surtout surchauffée toute la journée par sa toiture en tôle et ses murs en parpaings ; une hérésie que l’on retrouve partout sur le continent africain, un héritage complètement anachronique de notre société, encore un ; en effet toute la journée la maison cuit sous la tôle ; il y fait donc toujours plus chaud que dehors ; et le soir lorsqu’il fait enfin un peu frais dehors, les parpaings rendent la chaleur qu’ils ont accumulés toute la journée ;
je m’endors à 18 heures pour me réveiller le lendemain à 8 heures au son du bêlement du mouton qui résonne dans la cour carrelé de chez astou ;
9 heures dans les rues de zig, il fait encore bon, je vérifie oui mon dos est trempé, comme toujours, la chemise idem ; je bois un coca dans un bidon (une bouteille plastique) il est moins bon que dans les bouteilles en verre, je file en ville à l’escale pour acheter le canard enchainé, que je vais lire au bord du fleuve casamance, en attendant ;
à 15 heures j’ai rendez vous avec une trentaine de petits pour faire de la peinture ;
au bord du fleuve il fait bon un léger vent se fait sentir, je me promène au bord de l’eau en disant bonzour à plein de gensse et finis par trouver une terrasse au bord de l’eau ou je sirote enfin un coca bouteille ; des pélicans rasent l’eau à la recherche de leur petit déjeuner ;
extrait de « les pieds su terre »

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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huile sur toile
70 x 110 cm
800€

je sors de l’auberge et m’installe en face sur une pierre ; je suis invité par un vieux monsieur à partager son banc ; il me dit : « venez ici, vous serez mieux et c’est gratuit » ;
je m’assoie avec lui, il est à la retraite, il travaillait à bobigny, dans une cantine scolaire, dans un établissement pour enfants handicapés mentaux ;
je commence à dessiner l’auberge, ses petits enfants tournent et virent autour, je les dessine, ils sont bluffés et ravis de se voir, de se reconnaître, je me marre et suis aux anges, entouré d’enfants ;
il est maintenant 13 heures, le parfum du maffé nous titille les narines, il m’invite à le partager avec eux ; parfait, justement j’avais faim ; après manger, je vais me promener dans un parc à côté le long du niger, sous les arbres, il fait bon, je flâne, croise plein de gensse, qui me disent tous « bonzour » ; l’ambiance générale est extrêmement tranquille et paisible ;
un seul enfant que je croise me demande dix francs, soit zéro virgule zéro seize centimes d’euro, sinon c’est plutôt : « bonzour comment tu t’appelles? »
au détour d’une rue, je croise allasane, sur sa djakarta : « tu montes, on va à la plage? » ; je monte, nous faisons cinq cent mètres sur sa mob, nous arrivons sur le fleuve, embarquons dans une pirogue, traversons le niger pour aller sur une île en face ; épatant, l’eau doit être à vingt huit, trente ; sur l’île, il y a un énorme baobab ;
nous nous baignons, la vue est splendide, des petites filles arrivent en pirogue, rigolent et repartent ; le fleuve est calme, nous aussi ;
bamako se présente vraiment bien ;
le fleuve s’écoule, le soleil tombe, il fait touzours chaud
extrait de « les pieds sur terre

les pieds sur terre #3


charles s’INpose, le catalogue de l’expo en téléchargement ici :
http://uncharles.free.fr/charles.gif/afrique/MonsieurLeblanc.pdf

mes peintures sont comme moi, bien plus épanouies dans un univers douillet, amical et familier ;
las de m’EXposer chez de parfaits inconnus
j’ai préféré, cette année, m’INposer
dans le salon de complices girondes

…/…
My paintings are like me, much happier in a familiar, cosy and friendly environment
weary of EXposing me to complete strangers
I decided this year To INpose myself
in living rooms at girlfriends’ homes in and around Bordeaux

___________________________

l’INposition a eu lieu chez Zabou, Catherine, Jeanne, Caroline c, Sophie, Sandrine, Louise, Madina, Florence, Anita, Caroline d, kate et dans divers lieux en france au gré de l’humeur et des opportunités du 10 mai au 10 juin 2013

merci à toutes
charles

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et toujours le site duvoyage : http://contentpourrien.free.fr

« les pieds sur terre », down to earth


on the road, again, back to africa, living one more time the magical of « la peinture »
i set up the workshop for the children, they paint the world as they see it , i draw it in my sketchbook and tell the story every day on the internet

offer painting free worshop to every children and who wants to join, 8 months in west africa in sénégal, gambie and burkina faso
for my project i need to collect 100%, before march the 20th, or I lost all
every one can’t help from 5€ up to 3000€
or by sharing the link :
http://www.kisskissbankbank.com/projects/les-pieds-sur-terre-en-afrique

les pieds sur terre en 2012


liberté, égalité, fraternité

les enfants s’expriment et se confrontent à la réalité par la représentation qu’ils en ont ; cette expérience de “la peinture”, partout la même, quelque soit le continent, met en lumière un socle commun à l’humanité, que je m’emploie à explorer

depuis plus de vingt ans, tous les mercredis, l’association Arts et Développement propose des ateliers de peinture pour les enfants ; dehors dans l’espace public, en libre accès, dans plusieurs villes du sud de la france ; pendant cinq années, j’ai travaillé dans les quartiers nord de marseille, comme artiste intervenant pour “la peinture” (comme l’appellent les enfants) ; je n’ai cessé d’être émerveillé par le succès universel de la pratique ;

où que ce soit, l’enfant peint comme il respire ; une fois terminée, sa peinture est exposée, il se confronte alors au regard des autres ; l’émulation ainsi créée se raconte au fur et à mesure sur des fils à linge, tendue pour l’occasion, cimaise du décor qui se développe tout au long de l’atelier ;

ce qui se passe ici sous nos yeux est saisissant ; il ne s’agit ni de leçons ni de cours, les enfants s’expriment librement, sans contraintes, ils s’amusent, pratiquent et se perfectionnent tout seul, naturellement, en s’inspirant des uns, des autres et de ce qui les entoure ;
l’ambiance cordiale de l’atelier, pollinise le quartier et tout curieux qui s’en approche ; par curiosité ou envie, de spectateur l’on devient acteur, en peignant, ou simplement en s’arrêtant pour partager ce moment de vie ; chacun contribue ainsi à créer cet instant particulier de fraternité autour de l’atelier ; souvent dans des lieux de la ville où il n’y a d’habitude que des courants d’air, la vie s’installe ;

en 2010, poussé par un besoin vital d’ailleurs, je suis parti six mois en afrique de l’ouest,
à l’aventure, à la rencontre d’autres enfants, pour leur proposer “la peinture”
j’ai vu, là-bas comme ici, les ateliers se dérouler de la même manière ;

de retour de ce premier voyage, je suis maintenant totalement convaincu que cette action humaine, artistique et citoyenne trouve sa place partout ;

je souhaite poursuivre cette expérience ; ancrer “la peinture” de manière pérenne où je suis déjà passé et la faire découvrir à plus d’enfants ;

le printemps cette année 2012 sera l’occasion d’un voyage dans cinq villes du sénégal et de la gambie, en somme une trentaine d’ateliers pour les enfants, en collaboration avec les instituts français ;
l’été va se continuer à ouagadougou pour y entamer une démarche de transmission de ce savoir-faire qui m’a été offert par l’association Arts et développement ; ma future en collaboration avec plusieurs structures telles que l’institut français de ouagadougou, le goethe institut, le centre culturel gambidi, aura pour objectif de former des personnes qui pourront à leurs tours diffuser et transmettre, la magie des ateliers de peinture libres pour les enfants