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jeudi 9 juin promenade avec les filles



le campement se trouve au fond d’un cul de sac d’un kilomètre entouré de grillage à deux mètres, entre l’autoroute, et la voie ferré, pour accéder au campement, depuis le début, je passe par un trou dans le grillage, qui me permet de traverser la voie ferré, à l’arrache en lieu et place d’un ancien passage à niveau qui a été fermé, et réouvert par les autochtones, pour des raisons éminemment pratique, outre la joie de transgresser les règles cela me permet de prendre un raccourcis d’au moins un kilomètre sur le chemin normal, hier au moment ou je suis arrivé devant le trou, il était refermé et j’avise une compagnie de pompier suivi de quelques personnes armées de gros walkie-talkie, je ne pouvais décemment pas faire escalader le grillage devant eux, alors obligé de faire tout le tour ; aujourd’hui je compte bien l’escalader et ainsi gagner du temps, en arrivant devant le grillage, mon trou est de retour, parfait, à droite, à gauche, pas de train je traverse et gagne un bon quart d’heure
je passe dire bonjour à l’école aux petits, comme tout les jours ils me foncent dessus ravis je tend les bras pour croyais-je leur faire des bisous en fait ils veulent que je les fasse sauter le plus haut possible ; ils s’accroupissent saute en l’air et je les tire par les bras le plus haut possible, ils sont mort de rire et me crie »plus haut, plus haut », j’avais inventé ça le premier jour pour rigoler depuis ils adorent et dés qu’ils me voient viennent tous en grappe autour de moi en criant « tu me fais la corde à sauté, moi, moi, non moi », c’est génial,  » à peine ils me donnent leur mains ils n’ont pas encore sauté qu’ils me crient « plus haut »; après dix enfants de corde à sauté je suis crevé, pause, ils ne sont pas d’accord, je dois mon salut à cécile l’instit et à deux mamans assisent sous l’arbre qui leur disent « maintenant ça suffit, charles il est fatigué »; j’en profite pour faire un dessin ;
14 heures, je sors de l’école, il y a là lorenzo qui m’en sert cinq et alex ; alex qui a onze ans découvre sa sexualité, il se promène sans cesse la coquillette à l’air en la montrant ostensiblement, à moitié pour choquer, ce qui est aussi de son âge, il veut me serrer la main, je la refuse poliment en lui disant qu’il vient de se triturer la coquillette donc je vais éviter, lorenzo est mort de rire, il a compris l’allusion à la coquillette, vu la taille de l’engin ;
je traverse la moitié du camps, suivi par une grappe d’enfant qui veulent se voir dans mon carnet, en saluant les familles qui digèrent sous le auvent, ils ne me tapent pas tous encore dans le dos, mais les relations se sont tout de même franchement réchauffées, je vois des sourires, des mains qui se lèvent, la carapace se fendille et j’en suis ravi ;
en arrivant devant le bâtiment du centre social j’avise sterlina, dawson et organza affairés, par terre, au milieu des détritus et des bouteilles de heineken fracassés, ils font un château fort, je leur dis de faire attention avec le verre cassé, ils se marrent ; il est vrai qu’il y en a partout et qu’ils ont l’habitude ;
laurence et samia arrivent, je les suis pour un petit passage au centre, boire un café et fumer une clop ;

14h30 je ressort, brendy m’attrape et me dis : « tu me dessine devant la ferrari de mon cousin » –  » avec plaisir, elle est où cette ferrari » – « là bas à côtés de mon camping », les enfants ne disent pas caravane mais camping, « c’est une ferrari carrera » – « ah » lui dis-je  » c’est une porshe alors » – « oui, ferrari, porshe, c’est la même chose » – « oui c’est vrai, c’est une voiture ;
en arrivant devant son camping elle a oubliée la ferrari carrera et fonce devant sa piscine,  » devant la piscine tu me dessine », ok, elle prend la pause, love sa soeur montée sur pile court autour, « moi aussi tu me dessines », je lui conseil de s’arrêter de courir si elle veut que je la dessine, mais finalement elle préfère courir en criant, je finis tranquille le dessin, kenza qui passe par là veut se voir dans le carnet, je le lui donne, il passe de mains en mains, ça rigole grave
je rencontre melissa la soeur de kenza avec paloma sa copine elle veulent que je les dessines : « pad’problèmes les filles prenez la pause » au moins il y en aura trois qui ne bougerons pas pendant dix minutes, derrière moi kenza s’amuse avec brendy à faire des tresses avec mes cheveux, elles me tirent les cheveux, manquent de tomber mais se raccrochent à ma chevelure, gloussent, me crient dans l’oreille : « non c’est moi qui lui fait des tresses », me montent dessus, des adultes passent, ils rigolent en voyant la scène, moi aussi, même si parfois ça fait un peu mal ;
je finis le dessin, kenza me dis : « viens, ferme les yeux je t’amène quelque part, je suis le mouvement en fermant à moitié les yeux, « tu triches, t’as ouvert les yeux », on arrive devant une caravane, elle ouvre la porte me fait me retourner, pour montrer à sa maman ma nouvelle coupe, tout le monde rigole
il faut que je passe les couleurs, pour être tranquille nous allons au centre, dans la salle d’animation, melissa, kenza, sterlina, sephora, organza me suivent ; nous nous installons sur une table, elle dessinent, je colorie ; une heure tranquille à papotter avec elles, comme toujours lorsque je peins avec les petits, au bout d’un moment ils finissent par oublier que nous avons quarante ans de différence, je fais parti du groupe et là je me régale ;
melissa est très sympa et comme elle est la plus grande elle gère les débordements, je n’avais pas encore vécu cela ici, ça fonctionne donc comme dans les quartiers nords ou en afrique, je peux profiter pleinement de la séance sans passer mon temps à faire la police
17h30 le centre ferme, allez ouste le petits, rentrez dans vos camping, je reviens demain ;
tout le monde s’en va en criant en rigolant et en faisant claquer les portes à les faire sortir de leurs gonds


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À propos de charles

1965 né à Périgueux 1984 bac D à Bordeaux 1992 D.P.L.G. à l’école d’architecture de Paris la Villette Peintre depuis 1968 j’habite et travaille 1991 – 92 en France, à Paris 1993 – 94 en Suisse, à Lausanne et à Genève 1995 – 96 aux Etats Unis, à Los Angeles 1996 – 97 aux Royaume Unis, à Londres 1998 – 99 en France, à Bordeaux 2000 – 01 en Russie, à Moscou 2001 – 09 en France, à Marseille 2010 - 2012 au sénégal en gambie, au mali, au burkina faso et au togo 2012 - 2015. au burkina faso 2015 - 2017. au bénin Expositions (pour tous les détails voir site internet, http://uncharles.free.fr) Et l’actualité : http://www.facebook.com/uncharles porteur du projet « les pieds sur terre » pour l’association content pour rien site du voyage : http://contentpourrien.free.fr guitariste compositeur de SNOC : http://the.snoc.free.fr

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