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merci madame veil


mam diar est une jeune africaine, sénégalaise de 25 ans, son ex petit copain est marié ; mais comme il arrive des fois, il revient de temps en temps, pour changer du quotidien, mam diar est toujours amoureuse ; même si cette aventure est sans lendemain, comme souvent son ex trompe sa femme avec elle
un jour ma diar tombe enceinte, , jusqu’ici rien d’anormal ; enceinte, son ex lui proposera le mariage, ici l’homme musulman peut avoir jusqu’à 4 femmes
un mec que j’avais rencontré au marché me disait, l’autre jour, « il y a quatre fois plus de femmes que d’homme sur la terre, donc si on ne prend pas quatre femmes, il y en a qui vont se retrouver seule, dieu a bien fait les choses » je lui répond « pour les hommes »

mais voilà mam diar bien que musulmane ne veut pas partager son amour avec une première femme et surtout ne veut pas se marier avec son ex,
donc elle cache cet grossesse, à tous et surtout à sa famille ; passé trois mois, n’ayant pas de solutions, elle prends son courage à deux mains et sachant que je ne vais pas la laisser tomber, viens me raconter l’histoire
mon sang ne fait qu’un tour et ma carte bleue aussi, sachant qu’ici un avortement clandestin se paye cash, nous faisons tout d’abord un test de grossesse, positif
mam diar se mets en quête de trouver un praticien ; par une amie qui l’a déjà fait, nous allons dans un quartier, dans une maison, elle prends la somme en liquide que je viens de retirer 80 000 F cfa et s’évapore vers la maison, j’attends dehors en dessinant
elle ressort une demi heure plus tard en boitant, le type, j’apprends qu’il s’agit d’un infirmier, lui a mis un machin en plastique dans l’utérus, une sorte de tuyau, une intra-veineuse une intra-musculaire et une ordonnance prescrivant des antis-inflammatoire et basta
elle marche difficilement, elle sent ce truc à l’intérieure, elle veut rentrer chez elle, nous prenons un taxi qui nous ramène, elle se couche, je la laisse

deux jours plus tard je reçois un message « j’ai mal je crois que je vais mourrir, viens s’il te plaît », je fonce chez elle, quand j’arrive dans le salon j’ai du mal à la voir, ensevelit sous une montagne de couvertures,suante poussant de petits gémissement, assise sur le bruleur d’encens, la tête enserrée dans un cataplasme d’herbe, elle est brûlante et toute la famille en rond autour d’elle, ses soeurs, ses frères, sa mère, son père lui farfouille dans un sachet remplie de médicaments périmés, hésitant entre de l’éferalgan du siècle dernier ou du doliprane, dont l’encre à totalement disparue de l’emballage, j’apprends qu’elle avait trop mal avec ce truc en plastique à l’intérieur et qu’elle la enlevée
je l’extirpe de là et dis à tous,  » où est le médecin, elle a besoin d’un médecin », mais elle ne veut pas y aller, elle a peur, elle sait ce qu’elle a, binta sa soeur reviens et me dis que le médecin à côtés est prêt à la recevoir, nous la levons non sans mal, elle est vraiment brûlante, j’ai rarement vu ça, nous filons chez le médecin
en entrant je sais qu’il faut rester discret, toute la famille est là, j’entre avec mam diar et le médecin dans son cabinet, je lui demande si il est tenu au secret professionnel il me répond que oui, je lui balance alors l’info, mam diar est brûlante mais verte, je lui dit que c’est pour son bien, que le médecin doit savoir ce qu’il a, à traiter, le médecin est catastrophé par la prescription des antis inflammatoire qui ont fait plus de mal que de bien ; je ressort, dehors sa mère ses soeurs sont liquides, je rassure tout le monde autant que je le peux, je n’en mène pas large, cinq minutes se passent, le médecin ressort, « il faut l’hospitaliser de toute urgence elle à 40,4°C est 143 de pulsation par minutes, heureusement la tension est normale, binta se charge de trouver un taxi, je règle la consultation 2000 f cfa
nous montons dans le taxi mam diar est au plus mal elle me sert la main à me la transpercer, dans la circulation africaine nous mettons bien dix minutezs à faire les 2 km qui nous séparent de la clinique, en arrivant le taximan demande 2000, je n’ai que dix mille, il n’a pas la monnaie, je lui dit d’attendre devant la porte, je reviens
nous entrons dans la clinique, deux sages femmes sont là elle me disent c’est 5000 f la consultation je leur dis nous sortons de chez le médecin ce que nous voulons c’est une hospitalisation, elle s’enferment un moment avec mam diar et ressortent, ici il n’y a pas de courant à cause des coupures, ils ne peuvent pas la garder, nous devons aller à l’hôpital
nous ressortons le taxi est parti, nous marchons 500 mètres pour rejoindre le goudron, heureusement binta la soeur est venue avec nous, elle négocie le tarif du taxi pour aller à l’hosto, qui passe de 5000 en me voyant à 2500 en voyant l’état de mam diar
ce coup ci nous traversons la moitié de la ville, le taxi se presse car mam diar vomie dans un sachet plastique qui trainait dans mon sac, sa voiture est une poubelle à l’intérieure comme à l’extérieure, ça pue la pisse à plein nez mais le vomi le subjugue, nous arrivons à l’hôpital central, l’accés est bouché pour travaux, nous entrons par une porte dérobée, cherchons les urgences, le taxi gueule la course est plus longue, je ne l’entends pas, mama diar continue de me transpercer la main

en entrant aux urgence, je croyais avoir tout vu notamment à moscou où j’avais cru visiter le tréfonds d’une société en décrépitude, ici c’est pire, la dernière mise aux normes doit dater des colons et le derniers coup de balais du mois dernier, je me remue devant tous le monde pour trouver le médecin de garde, un type finit par me dire aller cogner à la porte là bas, je cogne, je dérange l’infirmier de garde qui matte la télé, avachi sur un lit de camp et qui me renvoie vers le premier pour obtenir un ticket, je reviens, il nous dit d’attendre sur un banc le médecin, qui s’occupe d’un mec dont le pied pend bizarement au dessus d’une mare de sang
un quart d’heure plus tard il nous reçoit, je m’enquiert de son grade, il est médecin, je lui vide mon sac, il me dit il faut appeler le chirurgien, nous poirreautons un bon quart d’heure de plus
mam diar me demande de rentrer chez elle et surtout de ne rien dire à personne, je suis passablement agacé par tout et par elle qui refuse de voir les choses en face, elle va mieux, elle ne vomit plus et la température a baissée, elle m’explique que n’y tenant plus, la nuit dernière elle a enlevée le tube en plastique et que depuis elle pisse le sang et la fièvre est apparue
un petit libannais arrive, c’est le chirurgien, je lui raconte tout, il l’examine et me dit « il faut l’hospitaliser de toute urgence, mais je ne peux rien faire, il faut l’emmener aux urgences gynécologique »-« c’est où », il se renseigne et me dit « il y a ça à l’hôpital ça doit être par là, il faut demander aux passants », nous ressortons, mam diar se sent faible elle a du mal à marcher, nous marchons, nous nous plantons passant devant la gynéco sans la voir, aprés un long moment sa soeur revient, elle sait où c’est, nous y allons
un infirmier passant appelle les sages femmes que je prends pour des médecins, je leur raconte l’avortement la douleur, le besoin urgent de soin
et là je vois ma sage femmes comme un seul homme me dire « il faut appeler la police, je vais appeler la police, vous savez monsieur qu’ici l’avortement est interdit » vert de rage je lui répond « et elle on la laisse là crever »- « ce n’est pas mon problème, je vais appeler la police »
mon sang fait plusieurs tours, j’arrache l’ordonnance d’hospitalisation des mains de cette salope et nous filons, non sans mal suivit d’une troupe de gensses prés à alerter la police, mam diar qui sait tout ça a recouvrer de la force pour fuir, nous repassons aux urgence j’avise le chirurgien lui raconte toute la scène, il me répond : »cette femme doit être hospitalisée rapidement, bon courage, peut être au centre ville à l’hôpital », le mec au pieds qui pendait à disparu des urgences, la mare de sang est sèche
nous ressortons de l’hosto, nouveau taxi nouvelle bataille, un blanc a de l’argent les prix s’envolent, binta calme le taximan, nous partons direction le centre ville
arrivé sur place l’hôpital ressemble plus à une ruine qu’à un bâtiment, je n’ai plus le temps de m’arrêter à ce genre de considérations, je rentre tape à toutes les portes, parfois donnant sur une pièce dont il manque un bout de façade, je trouve un bureau un mec les pieds sur la table, une nana couchée sur le lit de soin : « l’hôpital est fermé pour travaux »
où aller ?
la femme nous indique une clinique, je vais pour les appeler, mon téléphone à disparu, merde je l’ai oublié dans le taxi, la femme me dit « quel est votre numéro ? » et là alors que j’ai habituellement la mémoire d’un poisson rouge je lui sort directe mon numéro, elle appelle ça sonne, ça répond, le taximan revient avec mon téléphone, oufff
dehors une mercedes flambant neuve, nous propose de nous amener à la clinique sus citée, en avant, nous faisons 3 kilomètres, le conducteur de la mercedes me dit c’est 10 000, je ne réfléchi plus je les lui donne ; mam diar est prise en main la clinique est propre le personnel prévenant et la dame de l’hôpital précédent à prix les choses en main, compris dans le prix du taxi ; nouvelle consultation, ça dure, nous attendons avec angoisse binta et moi dehors ; la dame ressort, il faut faire une échographie, mais ici la machine est en panne, nous devons repartir dans une autre clinique, nous nous ré-engouffrons dans la merco, non sans avoir prévenu que la prochaine course il vont la compter dans les 10 000 ; encore un morceau de ville, une nouvelle clinique, nous allons vite maintenant avec cette dame qui est infirmière, mère de famille qui a tout pigée de ce qui se passe sans qu’on ai eu besoin de lui dire, compréhensive et prête à se faire un peu d’argent, personne ne parle mais nous sommes tous sur la même longueur d’onde, elle reprend le flambeau et est plus discrète que moi et surtout plus efficace dans les méandres des divers services de santé locaux
nous arrivons dans la nouvelles clinique je laisse la dame gérer la sauce, je porte mam diar
nous passons à la caisse une écho 15 000 balles
j’attends dehors, elles ressortent, le foetus est toujours là, il pend mais est accroché, mam diar n’a plus de fièvre juste un terrible mal de tête et toujours un horrible mal au ventre
qu’est ce qu’il faut faire ?
retourner à la clinique, ça ne sert à rien, rentrer comme ça, mam diar voudrait bien pour ne pas inquiéter sa mère, mais il en ai hors de question
la dame lui propose alors d’aller voir un médecin et procéder à un vrai avortement , les grands yeux de mam diar plein de larme me regardent
« c’est combien dis-je à la dame? »
-« 80 000 »
« on fonce » toujours en merco
centre ville une rue de dakar, une maison mam diar veux que je vienne la dame me dit pour plus de discrétion de rester dehors
j’attendsun petit quart d’heure
elles ressortent, le médecin à remis un tuyaux en plastique dans l’utérus de mam diar en lui disant de le garder au moins deux jours pour qu’il fasse ce pourquoi il est là, une intra-veineuse, une intra-musculaires, la fièvre et la douleur sont tombées
nous prenons un taxi, pour rentrer à sa maison, sa mère n’arrêtes pas d’appeler elle est inquiète, de toutes façons il n’y a plus rien à faire que d’attendre
n’ayant plus un rond sur moi, je descend du taxi en route, pour rejoindre mon hôtel et attendre demain pour connaître l’évolution de l’histoire
je passe une mauvaise nuit, vers 4 heures du mat je suis bombardé de message en provenance de mam diar, elle est au plus mal, les messages sont explicites sur la douleur, la mort certaine et prochaine, je suis bloqué en pleine nuit, sans un rond, j’ai retirer le maximum auxquels j’ai droit par jour à l’étranger, en espérant que la société générale qui détient mon argent sera assez magnanime demain de m’en donner plus vu ce que j’ai chez eux

lendemain matin la banque lâche ce dont j’ai besoin, je prends le premier bus pour la maison de mam diar, j’arrive elle dort, elle n’a plus de fièvre, toute la famille défile devant moi pour me remercier de tout ce que j’ai fait, je suis content mais inquiet
elle se réveille, nous nous isolons et elle me raconte »ça va mieux, elle a pris ses antibiotiques, plus de fièvre, mais cette nuit vers trois heures elle s’est réveillée dans d’atroces souffrance le lit remplis de son sang, elle est restée plus d’une heure debout, pour finir par ejecter un morceau de viande gros comme le poing avec le fameux tuyaux en plastique, elle a mis tout ça dans un sac poubelle et est allé le jeter loin, s’est recouchée et à finit par s’endormir, maintenant ça va mieux
je laisse le soin à chacun de deviner de quel morceaux de viande il s’agissait
ni une ni deux je l’emmène au centre de santé d’à côté, nous sommes reçu par une sage femme, maintenant nous sommes maris et femme, elle consulte sous mon nom, la sage femme comprends qu’il y a avortement mais ne connais pas les détails, nous jouons le jeu, nous sommes un jeune couple heureux qui attendions un enfant, mais que ce passe t ‘il donc ?
écho de contrôle, re-taxi, re- clinique, re- 15 000 il n’y a plus de foetus, la fièvre est partie aussi, faut il ou non faire un curetage, la sage femme décide que non, nous rentrons chez mam diar
je pars calme vers une autre ville pour mon projet
deux jours plus tard je reçois un message, je perds du sang des caillos gros comme le poing que faire, je file chez western union pour renvoyer 40 000 pour consulter et de nouvelles analyses, pas de curetage, ça devrait aller
quelques jours plus tard de retour de mon voyage, le sang coule toujours, elle appelle la sage femme qui lui dit : » si cela dure toujours lundi revenez me voir nous ferons le curetage », nous sommes vendredi
samedi des caillos toujours aussi importants sortent régulièrement et le mal au ventre revient, nous allons au centre de santé, pour procéder au curetage, elle est prise en main par une infirmière, ça dure des plombes, j’angoisse dans la salle d’attente, je finis par sortir fumer une clop dehors il fait doux c’est la nuit noire, en faisant le tour du centre j’avise que la fenêtre de la salle ou est mam diar au rez de chaussées est grande ouverte ; elle les deux fers en l’air, écartelée est en équilibre sur ses jambes pour laisser la place à l’infirmière pour éponger la marre de sang qui dégouline de son vagin béant, je suis atterrer par ce que je vois, mais rassuré elle à l’air bien, pas de transfusion
je reviens dans la salle d’attente, elle finit par ressortir, lessivée
le lendemain ça va mieux, il n’y a plus que quelques gouttes de sang, la température est normal, plus de mal au ventre
je dois rentrer en france, je prie tous les dieux auxquels je ne crois pas et les autres que ce soit la fin de ses emmerdements
en conclusion aprés moulte péripéties, l’affaire semble se conclure, plus de grossesse non désirée pour mam diar, plus de mariage forcé, le mec n’est même pas au courant de ce qui vient de se passer et tant mieux pour tout le monde, car nous avons tous risqué dix ans de prison dans cette affaire
j’ai appris par hasard cette semaine que la prison de femmes de dakar est pleine de ses soeurs qui finalement ont eu moins de chances que mam diar
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À propos de charles

1965 né à Périgueux 1984 bac D à Bordeaux 1992 D.P.L.G. à l’école d’architecture de Paris la Villette Peintre depuis 1968 j’habite et travaille 1991 – 92 en France, à Paris 1993 – 94 en Suisse, à Lausanne et à Genève 1995 – 96 aux Etats Unis, à Los Angeles 1996 – 97 aux Royaume Unis, à Londres 1998 – 99 en France, à Bordeaux 2000 – 01 en Russie, à Moscou 2001 – 09 en France, à Marseille 2010 - 2012 au sénégal en gambie, au mali, au burkina faso et au togo 2012 - 2015. au burkina faso 2015 - 2017. au bénin Expositions (pour tous les détails voir site internet, http://uncharles.free.fr) Et l’actualité : http://www.facebook.com/uncharles porteur du projet « les pieds sur terre » pour l’association content pour rien site du voyage : http://contentpourrien.free.fr guitariste compositeur de SNOC : http://the.snoc.free.fr

2 réponses à “merci madame veil

  1. charlette berthault ⋅

    c’est intéressant l’aventure que vous racontez; vous êtes généreux et plein d’empathie, vous ne pensez pas que vous pouvez vous y perdre? y laisser  »des plumes »? c’est quoi votre parcours? aurez-vous toujours les moyens physiques et financiers pour continuer ainsi?

    • charles

      il s’agit de la femme que j’aime, ce n’est pas de l’humanitaire et mes plumes je les arrache avec plaisir pour nous préparer un nid douillet
      ne vous inquiétez pas pour moi, tout va bien, merci

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