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samedi 6 mars keur sakou baidy


l’école en feuille de palmier

dans le village de keur sakou baïdy, deux familles, les sow et les cissé, à peu prés, deux cent cinquante âmes ; beaucoup d’hommes sont à dakar, ou en gambie pour gagner de l’argent ; nous visitons le village avec khadim diminutif du frère d’aïssatou, sa femme awa, aïssatou et moi, nous disons bonjour à chaque famille et à chaque membre de chaque famille ; sakou cissé, le chef du village nous reçois chez lui, dans la cour une vingtaine de femmes en couleurs préparent à manger pour un baptême, des dizaines de kilos de riz ; nous passons entre les maisons il y a des gensse de partout, les petits qui nous suivent en rigolant, ici certain n’ont jamais vu de blanc, ils sont fascinés et un peu apeurés ;

10 heures, nous allons à l’école, je n’ai plus de feuilles, je ne peux pas faire de séance, donc le maître des cours d’initiations me présente et raconte mon histoire, nous faisons circuler mes deux carnets de voyages, les petits ouvrent de grands yeux, ils se marrent en voyant les chèvres, les poules, les chevaux; à la fin il me chantent des chansons, je les enregistre et leurs fais écouter, tous sont bluffés et éclatent de rire ;

je passe dans la classe de khadim les C.P., même histoire, en suivant le cours j’ai le temps de faire un dessin de l’école et d’eux, à la fin je leur montre, même schéma, les enfants ouvrent des billes toutes rondes, ça chuchote, ils me regardent en souriant, timide, mais curieux ;

11 heures 30, c’est la récré, les enfants filent chez eux prendre leur petit déjeuner, trois jeunes filles arrivent dans la classe, les bras, la tête chargés de plats, une avec du couscous de mil, et du lait, l’autre un plat de riz au légumes et à la viande, nous mangeons ; à peine fini, mane diapo, nous invite chez lui à manger, on ne peut pas refuser, il se vexerait ; couscous de mil au lait cru, hum, c’est bon, je n’en avais pas bu depuis l’âge de huit ans ;

12 heures nous revenons à l’école, pour une heure de plus nous montrons mes carnets aux plus grands, ils ont les yeux qui sortent de la tête, c’est fascinant, à la fin ils me chantent des chansons et quelques uns dansent à fond, ils sont impressionnants ;

13 heures, l’école est finie, nous sommes invités à manger un petit en cas, chez mane diapo sow ; riz à l’huile de palme et d’arachide, c’est hyper bon ;

avant et après nous saluons plein de gensse assis debout coucher, il commence à faire vraiment chaud, le vent est brûlant; sur le chemin on me donne un plein sac de cacahuètes ;

après manger sieste dans la case peinte en bleue, de mane diapo, un voilage bleu vole au vent à la porte, il fait meilleur, je m’endors bercé par le wollof qui m’enveloppe ;

je me réveille vers 15 heures, avec un étau de chaleur qui me prend la tête, je sors prendre l’air brûlant et le soleil de plomb dans la gueule ; les femmes dehors pillent et s’inquiètent pour moi, elle m’installent un fauteuil à l’ombre, je les dessine ;

on m’amène un verre de lait cru caillé, hummmmm ;

très vite je suis entouré de tous le enfants de la maison et des autres, je n’y vois plus rien, de toutes façons, il fait beaucoup trop chaud, je rentre dans la case, ça wollof à fond; c’est l’heure du thé, je me disais aussi ; le thé au sénégal c’est après manger, et ça dure, ça dure, et puis d’un seul coup tout le monde se lève, nous allons chez le chef du village pour voir le nouveau né qui va être baptisé ; nous saluons la cinquantaine de femmes qui sont dans la cour occupées à écosser des cacahuètes ; les enfants sont mi fascinés mi apeuré par ma présence, il regardent mais reste prudemment à distance, je suis l’attraction ;

nous rentrons dans une chambre où il y a le bébé, on s’assoie deux minutes puis on se relève et nous sortons, visitons pleins de gensse sur la route du retour ;

chez mane diapo, une femme me tend son enfants plus ou moins grogui par la chaleur, je vais pour le prendre et là il a une réaction de terreur que je n’avais jamais vu de ma vie dans les yeux d’un bébé, ça fait se poiler toutes les femmes autour et les autres ; de retour dans la case, nous buvons le troisième thé, sucré comme l’amour et puis on se lève;

la calèche nous attends, nous partons ;

le soleil est moins fort maintenat dans la brousse, un kilomètre, arrêt dans un autre petit village, nous saluons des femmes qui déboguent des cacahuètes, et ça repart ; le vieux cheval de mane diapo galope dans le sable, nous sommes sept sur la charrette, nous filons ; le vent de la vitesse est bon, nous doublons au grand galop une charrette à âne ; de temps à autres, sous un arbres, appuyés à une maison, “salamalékoum”, les yeux des gens restent accrochés au miens un grand moment « bonjour, ça va bien? » ;

nous arrivons à la maison, plus personne n’a faim

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À propos de charles

1965 né à Périgueux 1984 bac D à Bordeaux 1992 D.P.L.G. à l’école d’architecture de Paris la Villette Peintre depuis 1968 j’habite et travaille 1991 – 92 en France, à Paris 1993 – 94 en Suisse, à Lausanne et à Genève 1995 – 96 aux Etats Unis, à Los Angeles 1996 – 97 aux Royaume Unis, à Londres 1998 – 99 en France, à Bordeaux 2000 – 01 en Russie, à Moscou 2001 – 09 en France, à Marseille 2010 - 2012 au sénégal en gambie, au mali, au burkina faso et au togo 2012 - 2015. au burkina faso 2015 - 2017. au bénin Expositions (pour tous les détails voir site internet, http://uncharles.free.fr) Et l’actualité : http://www.facebook.com/uncharles porteur du projet « les pieds sur terre » pour l’association content pour rien site du voyage : http://contentpourrien.free.fr guitariste compositeur de SNOC : http://the.snoc.free.fr

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