Publié le

jeudi 18 mars introspection dans la famille, suite


les filles de la maison

cette famille est un monde, une micro société, avec ses codes, ses valeurs et sa hiérarchie ; il existe un ordre, qui n’est pas évident de prime abord, mais en restant un peu je commence à saisir ; la cérémonie du thé me fait comprendre pas mal de choses ;

je suis toujours servi en premier, je suis l’invité, puis après moi par ordre décroissant, du plus vieux au plus jeune ;

lamine l’aîné de la famille, qui s’appelle malan mais qu’on appelle lamine car le plus âgé, est instituteur, discret et doux ; veuf et père adorable de deux non moins adorables petites filles ; ndey nima, sept ans, toute frêle, qui sourie tous le temps et sa grande soeur binta, immense pour ses douze ans qui remplace sa mère dans toutes les tâches ménagères ; j’en oublie d’ailleurs des fois que c’est une gamine ; sauf quand elle s’autorise à jouer, pas souvent, elle rie comme une enfant ; discrète efficace, elle apprend ses leçons tard le soir à s’esquinter les yeux sous la lumière blafarde du néon dans la cour ;

les grands mères, alibama diabama et ioba, elles, me choient mais je ne le vois pas toujours, la plupart des attentions qui me sont portées viennent de leur regard aiguisé, qui ne manque rien du mien et de mes désirs avant même que j’en fasse la demande ; le soir le matin elle viennent me serrer la main dans un retentissant YO ! et elles rigolent, yo veut dire oui en mandingue ;

les jeunes, les tout petits, mambadi ma préféré, sauf que c’est elle qui l’a décidé, la première à être venue me voir quand je suis arrivé, elle me réveille le matin en venant me chercher dans mon lit, je craque, elle me monte dessus, me fais des bisous baveux et morveux, j’adore ;

fanta, mama, fatou, bintou, deybi, maï, khadija, plus timides mais ça vient, elles sont ravis de me rencontrer, dans la rue, elles me court après et me suivent, les gens sont étonnés ; non pas de ça, car n’importe quel toubab est entouré d’enfants, mais du fait qu’elle connaissent mon prénom et que je les tiennent par la main ; c’est d’ailleurs une des joie de mon voyage, lorsque j’arrive tout les petits me courent après, « toubab, toubab », après quelques séances de peinture ils crient du plus loin qu’il me voit « charles « , ou “la peinture” je ne suis pas peu fier ;

les petits mecs, ablaye, papa, cheikh, demba, qui me tournent autour comme des mouches, tous différents, tous sympa, avec évidemment un chouchou, salif, qui a un regard d’une intelligence redoutable, qui parle le mieux le français, ça aide, lui aussi anticipe mes désir ; il s’est autoproclamé comme mon faiseur de thé (ataïa), il vient me chercher pour manger ; il est en fait au service, de bonne grâce, de tous les petits, ce n’est pas le plus grand mais le plus attentif et le plus respecté des tout petits ; je vois moins les ados, ils ont leurs trucs à faire, sauf mon pote babacar, dix neuf ans, un mètre quatre vingt et quatre vingt kilos de muscle, doux comme un agneau, curieux de tout et très sympa ; qui jusqu’à ce qu’il se casse le poignée en sport, était mon chaperon ; il adore se promener avec moi dans la rue, car tout le monde le regarde ; depuis qu’il est dans le plâtre il lit le canard enchaîné que j’avais laissé traîner ;

les filles plus discrète mais pas moins présente, passent, repassent (dans tous les sens du terme) ; me disent quinze fois par jour « bonjour, ça vaaaa bien » , dialika magnifique, dix sept ans la voix rauque charmante est venue me brancher pour me marier avec sa sœur ; ici les gensse sont catastrophés que je sois célibataire et veulent tous me marier ;

dialika : »il faut que tu te mari avant de partir de la maison, tu amènes l’argent et on te marie » ; sur certain points j’ai parfois l’impression d’être dans mon périgord natale au début du vingtième siècle

et toute la journée : »ah ah ah, YO, ah ah ah », les grands mères rigolent et papotent en se déplaçant en fonction du soleil à l’ombre du manguier

sous le manguier, fin d’après midi

Publicités

À propos de charles

1965 né à Périgueux 1984 bac D à Bordeaux 1992 D.P.L.G. à l’école d’architecture de Paris la Villette Peintre depuis 1968 j’habite et travaille 1991 – 92 en France, à Paris 1993 – 94 en Suisse, à Lausanne et à Genève 1995 – 96 aux Etats Unis, à Los Angeles 1996 – 97 aux Royaume Unis, à Londres 1998 – 99 en France, à Bordeaux 2000 – 01 en Russie, à Moscou 2001 – 09 en France, à Marseille 2010 - 2012 au sénégal en gambie, au mali, au burkina faso et au togo 2012 - 2015. au burkina faso 2015 - 2017. au bénin Expositions (pour tous les détails voir site internet, http://uncharles.free.fr) Et l’actualité : http://www.facebook.com/uncharles porteur du projet « les pieds sur terre » pour l’association content pour rien site du voyage : http://contentpourrien.free.fr guitariste compositeur de SNOC : http://the.snoc.free.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s