★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ET PAS CHER ★


yoff
110×140 cm
1500€

jeudi 11 février, rendez vous avec aïssatou ; jeune femme que j’ai rencontrée il y a quelques jours à l’arrêt de bus ; aujourd’hui elle s’est proposée de me faire visiter le centre ville de dakar
10 heures, j’arrive à guédiawaye, je suis un peu en avance, j’en profite pour faire un croquis, j’observe un attroupement, il s’agit du ramassage des ordures ;
un énorme camion poubelle jaune à l’arrêt, derrière lui, plein de gensses, avec des poubelles, des sacs, des paniers, la bouche du camion avale tout ;
évidemment repérable comme un nez blanc au milieu d’une figure noire, aïssatou me voit et vient vers moi, elle est avec sa mère, marie, et sa soeur awa ; elles vont au marché acheter un cadeau pour un mariage samedi ; je les accompagne, nous sautons dans un taxi, 200 fcfa, il nous amène au marché, un kilomètre plus loin ; 11 heures 30, nous partons avec awa et aïssatou à sandaga, au coeur de dakar en bus ici ça n’a rien à voir avec le quartier, ça grouille de gensses, des échoppes remplies de choses incroyables, un magasin pour chaque produit, des marchands de T-shirts, de chaussures, chemises, sacs, produits d’entretien, de sucreries, coca, fanta, sprite, tout et n’importe quoi ; la rue des mécanos, des voitures, des camions, des bus, toutes choses roulantes, les moteurs éventrés, au milieu de tout ça, les mains et le reste dans le cambouis, des mécanos bataillent, une clé, un marteau, une pierre, tout est bon, un nuage de fumée, et ça repart
les rues sont étroites, mais tout ce qui roule et marche s’y croise à grands renforts de klaxons, de cris, les piétons s’écartent, ça passe nous rentrons dans un centre d’artisanat, traversons une armée de machines à coudre, des ados brodent au kilomètre, à l’étage, d’autres ateliers pour la confection, tout est fait ici, du tissu, des motifs aux vêtements, en passant par
le linge de maison, une véritable ruche au deuxième étage les boutiques, les vendeurs en grande forme me déballent
tout, les nappes, les set, les serviettes ; ils voient que je m’intéresse aux tissus et aux couleurs, qu’à cela ne tienne, on change de boutique, ici, le coton brut teinté, des motifs magnifiques, « le picasso sénégalais », « eh ! je te fais le prix
bicyclette, pas le prix avion, regarde », on ressort de la ruche, je suis saoulé par le bruit, la foule, l’agitation ; au loin je vois la mer, mes fées, gardes du corps, comprennent que j’en ai assez vu ; nous prenons le bus et filons à N’gor, un bus, un taxi, la plage, une île, un bateau, les pieds dans l’eau, un fanta orange,
oufffffffffffffff
tata awa, qui nous a repérés depuis que nous sommes descendus sur le sable, fond sur nous comme sur une proie, avec ses colliers, les yeux des filles brillent, je leur offre un collier chacune pour les remercier, elles sont ravies ;
nous laissons le jour se coucher avant de repartir
l’île de n’gor est un paradis calme et fleuri, nous faisons le tour de l’île à pied,
il n’y a personne, toutes les boutiques sont fermées
je comprends que mon périple commence sous les meilleurs auspices car il n’y a pas de touristes en cette saison
– les pieds sur terre – extrait

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ET PAS CHER ★


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70×100 cm
800€

tout est relatif, 14 octobre 2011 –
en arrivant en afrique nous autres européens, sommes plein de préjugés, sur tout et rien, nous raisonnons avec notre logique propre d’occidental, notamment lorsqu’il s’agit d’argent, toujours enclin à croire que la terre entière en veut à notre porte monnaie, que les gensse qui nous entourent ne sont que des profiteurs et qu’il feront tout pour nous en déposséder; lorsque nous marchons dans la rue nous nous sentons facilement agressé par une multitude de gensse, qui venant à notre rencontre, nous demandent 100 francs (0,15€) ou un peu plus, « il faut donner l’arzent », « pour manzer »(joignant le geste à la parole) ; ce n’est que lorsque l’on sort un peu des sentiers balisés pour touristes, lorsque l’on rencontre réellement la population, souvent en dehors des centres urbains, que l’on peut comprendre un peu mieux ces attitudes ; ici tout se partage, la même personne qui vous a demander de l’arzent le matin, lorsque vous la croisez vers midi, vous appelle en vous disant, « viens manzer », ou » tu es invité » ; ce n’est qu’en entrant dans les familles que j’ai pu constater que les rares personnes qui travaillent (la plupart du temps pour un salaire ne dépassant que très très rarement 100 euros mensuel) distribuent, chaque jour, quelques jetons (pièces) à tout le reste de la famille ; il est donc inutile amis occidentaux de venir en afrique avec votre valise de clichés, de paranoïas voire de complexes néo-colonialiste ; la plupart du temps la question se résout devant une bière (brakina, pour le burkina, bramali pour le mali, bracongo pour, etc …) ou en causant, la causerie ici est sacré et tout conflits ou palabres se résolvent dans la causerie, le respect de la personne ;
cela est valable aussi face à une personne un tantinet vindicative qui d’aventure tenterai de faire vibrer votre fibre culpabilisatrice à propos de l’esclavagisme ou d’une autre saloperie qu’ont pus faire nos ancétres ou nos banques ; car c’est bien ici que thomas sankara à expliqué au sommet d’adis abéba que les masses populaire occidentales n’étaient en rien responsable de l’exploitation des masses populaire africaine ; je suis personnellement d’autant plus à l’aise pour en parler que mon propre grand père lorsqu’il est arrivé en france à commencé par passer une partie de sa vie au fond des mines du nord, lui n’a jamais eu ni l’idée ni l’envie d’esclavagiser l’afrique, moi non plus; restons simple pas de panique –
les pieds sur terre – extrait

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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110×140 cm
1500€

17 h il fait chaud 43°, on y va à la plage
à bamako, il fait chaud, 40° et plus la journée, 35° et plus la nuit la journée se passe à chercher de l’ombre, je paye tout effort, même de concentration ; un dessin me fait ruisseler à grosses gouttes ; il faut dire que c’est la saison chaude, toute la ville est au ralenti, les bruits sont sourds, les klaxons
vieux et enroués sont sympas ; tout est atténué ; les couleurs sont douces, le bleu du ciel, le vert de la végétation et le rouge du sol ; les seules couleurs vivent sont les fleurs et les femmes
la journée finalement passe très vite sous le soleil, il est 17 heures, « on y va à la plage ? « , traversée de la ville en djakarta, traversée du niger en pirogue et plouf, hummm, toujours cette eau à 30° ; sur l’île les gens sont éparpillés sur les berges, avec unmatériel incroyable : des tentes, des plats, tout pour un gros piquenique ; les pirogues vont et viennent entre les deux îles, chargées de gensses
il est 18 heures, le soleil se couche sur la colline, les pierres noires de l’île rendent la chaleur de la journée ; allongé dans une baignoire naturelle de la roche, allasane m’amène le thé ; parfait, un petit vent doux se lève, le niger est
chaud, tout est calme, les oiseaux commencent à chanter, les crapauds à coasser, j’observe le va-et-vient des barges qui passent en glissant doucement ;
allassane me dit : “tu sais qu’il y a un petit village sur la grande île”, nous traversons le chenal à la nage et allons visiter ce village ; dans un recoin de l’île, sous une forêt de manguiers, au beau milieu de bamako, hors du temps, quelques maisons en banko, des petits jardins potagers ; autour, des enfants, curieux de nous voir, armés de longs bâtons pour faire tomber les mangues
un village africain, c’est beau à pleurer, mais je ne pleure pas, j’observe, épaté – les pieds sur terre – extrait

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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110x140cm
1500€

vingt ans après, la dakar que je connaissais est devenue une ville tentaculaire la presqu’île est urbanisée à bloc, plus un hectare des champs que l’on traversait depuis yoff, l’aéroport devenu aéroport léopold seddar senghor ; le centre urbain colonial en ruine laisse la place à des bâtiments modernes sans âme, l’architecture contemporaine à quelques exceptions près n’est pas à la fête, par manque demoyens sans doute,manque de volonté politique et donc de plan directeur et d’exigence, sûrement ; un amas hétéroclite de styles, de genres et de
cultures, au gré des financements ; le pouvoir du plus riche et son goût priment ;
la population reléguée dans des banlieues construites de manière anarchique dans des zones inondables, à l’exemple de pikine où cela fait 6 mois que la population a les pieds dans l’eau, ne semble poser de problèmes qu’aux riverains ; l’électricité suit plus ou moins, une à deux coupures par jour de
« délestage » ; l’eau peut être coupée pendant une semaine sans que cela n’inquiète grand monde
la presqu’île n’est pas infinie donc le prix du mètre carré monte en flèche, les gensses sont obligés d’habiter de plus en plus loin et la ville grossit vers la brousse, jusqu’à rufisque ; déjà trois millions d’habitants et les égouts se déversent dans la baie, qui est interdite à la baignade
– les pieds sur terre (extrait)

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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110×140 cm
huile/toile
1500€

le niger à mopti
à mopti, surtout à la saison sèche, le niger n’est pas si facile à atteindre ; le fleuve qui passe au pied de la ville est le bani, il faut le traverser, puis marcher un grand moment sur l’île qui s’est formée et qui nous sépare du niger ; en tout,
un bon kilomètre au soleil par 48° au plus chaud
sur les conseils de manga, un jeune gars que j’ai rencontré, nous attendons 16 heures pour faire la traversée ; 50 francs pour prendre une pinasse et traverser le bani qui fait peur à voir tant il est bas en cette saison ; il sert d’égout à toute
la ville de mopti, j’ai même peur d’y mettre un pied sur l’autre berge, nous traversons le village de pécheurs bozos, qui normalement est une toute petite île ; en cette saison il est perché sur une petite colline au milieu de la plaine alluvionnaire très étendue autour du village, il y a des grands trous qui me font penser à des bassins ou des piscines, il s’agit en fait de carrières de boue où les bozos viennent creuser
pour fabriquer les briques de leurs maisons en banko
au bout de la grande plaine, le niger ; ici c’est propre, c’est la plage de mopti, il y a pleins de gensses qui se baignent, jouent au ballon dans l’eau, des couples qui se bécotent ; le niger est à 30-32°, on y entre sans vraiment réfléchir et
on y reste avec grand plaisir, car dehors, même si le soleil commence à baisser,
il fait encore quand même 42° ; un léger courant nous emporte, je fais la planche et dérive sur l’autre berge un petit village en banko, derrière le désert à perte de vue ;
le niger, même à la saison sèche permet de tenir, j’y retourne tous les jours suivants sur la plage, vers 16 heures ; lorsque le soleil commence à décliner, rien que la traversée, la main dans l’eau est un bonheur ; en ville, rien que le fait d’être éveillé me fait suer à grosses gouttes, là, dans l’eau c’est supportable
les pieds sur terre (extrait)

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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huile sur toile
110cm x 140cm
1500 €
noire et pas fière
à chaque fois que j’entre dans la maison de la princesse aïssatou, une odeur me remplit aussitôt toute la gorge, sucrée, parfumée et en même temps trop forte ;
comme ici les femmes passent leur temps dans la poussière et le vent, pliées en deux à laver le sol avec des serpillières hors d’âge, cette odeur, je le comprends vite est celle de l’ammoniaque
je n’ai pas un odorat très développé, mais là, y a pas de doute, je reconnais direct ; je pose la question à la princesse sur cette vélocité féminine exacerbée de vouloir que tout soit nickel, dans cet enfer de poussière ; elle me répond que non pas du tout, il s’agit du produit de beauté que sa belle-soeur
utilise et m’en montre le flacon ; là, je réalise soudain que toutes les photos de mariage, au mur, de sa très belle belle-soeur, un tantinet pâlichonne, pourtant si noire de nature, ne sont autres que l’oeuvre du produit sus décrit ;
eh oui, ici les filles sont souvent complexées par leur beauté d’ébène et se tartinent à qui mieux mieux d’ammoniaque pour être plus blanches ;
incroyable mais vrai !
quand je pense à toutes ces occidentales qui passent l’été à la plage, l’hiver au brunissoire, les blondes qui se rêvent brunes, les frisées raides, les raides balayées,
moi-même ado, ayant cédé à la bière ou à l’eau oxygéné pour finir auburn, tout ça est parfaitement ridicule, mais tellement humain ;
mais l’ammoniaque, tout de même !
qu’est-ce que ça va donner dans quelques temps ?
j’essaye de l’expliquer à sa décidément très « belle belle-soeur », peine perdue,elle se préfère café au lait ; elle, pourtant si noire et si belle
extrait « les pieds sur terre »

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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110×140 cm
1500€

camarade capitaine sankara, mort au combat
« oser inventer l’avenir » thomas sankara
l’afrique est et restera le chômeur du monde, tant qu’elle ne se prendra pas en mains, sans attendre de ses dirigeants évidemment, la solution viendra du peuple ; occidentaux et français imposent leur modèle de société en la maintenant
dans un système d’assistanat qui imprègne profondément toutes les strates de la société, nous entretenons des peuples entiers dans la mendicité ; les mendiants ne récolteront jamais que les miettes de ce que l’on veut bien leur laisser
heureusement, dans la vie il existe des contre-exemples qui ont su faire bouger les lignes et qui donne de l’espoir, tout est possible ; nous le pouvons on peut non seulement rêver mais surtout créer, aimer, dans la liberté ; pour cela il faut se relever, la tête, les manches et foncer ; il faut sortir de la coupe
et rétablir des comportements d’égal à égal ; lorsque je parle de ça ici, le constat est évidemment partagé par beaucoup de gensses ; mais souvent comme ailleurs, les préoccupations premières et vitales de la population ne leur laissent pas beaucoup le loisir de penser ; la même technique est utilisée
à l’échelle des états pour maintenir la pression suffisante sur la population, entretenant la peur et la division
en France, on ne nous enseigne pas l’histoire de l’Afrique réelle, mais d’une afrique fantasmée ; on peut passer sa vie sans jamais entendre parler de patrice lumumba ou de thomas sankara
au burkina, ce dernier est omniprésent, on retrouve partout son image, dans les maisons, dans les rues, sur des T-shirt, dans les DVD que les gamins des rues vous tendent avec insistance, en expliquant brièvement qui est thomas
sankara, tous fiers de ce type et se réclamant de sa politique ; on m’explique que c’est un président qui a mené la révolution pendant quatre ans ; qu’il a mené une politique alternative entre le communisme et le capitalisme, en s’appuyant sur le peuple à qui il a donné espoir et rendu sa fierté ; par des
actes concrets qui 20 ans plus tard perdurent dans les esprits ; mais surtout dans la vie de tous les jours des burkinabais ; depuis, apparemment, nous sommes revenus au bon vieux système françafricain ; l’expérience aura été
une paranthèse de 4 ans conclue par l’assassinat de thomas sankara ; sankara
mort nous a laissé la journée de la femme : « si nous perdons le combat pour la libération de la femme, nous aurons perdu tout droit d’espérer une transformation positive supérieure de la société », extrait du discours du 8 mars 1987
21 mars, 11:27 · J’aime · 1
Charles Duvoyage pour ceux et celles que cela intéresse, je peux organiser des visites de salon pour voir les peintures en vrai, en fonction des disponibilités de mes exposantes, cela s’entend, vous pouvez me contacter ici, ou par téléphone, il est sur facebook, sur mon profil dans à propos
merci et bonne journée à toutes
extrait de « les pieds sur terre »

★ UN CADEAU DE NOËL UNIQUE ★


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80×100 cm
800€

8 mars, c est chouette la vie / comme je l’ai déjà dit et écrit, l’an dernier, il faut une à deux semaines pour que la magie de la peinture opère
j’arrive dans un quartier où je ne connais personne et passe mes journées à l’arpenter et le quadriller
les rues regorgent de tête inconnues
une séance de peintures puis deux, quelques dessins d’ambiances et les choses se passent naturellement, avec douceur
tout ce que j’aime
le dessins et la peinture sont des clefs dont je me sers avec déléctation et sans retenues pour entrer dans le quotidien des gensses
avec les enfants c’est évident, c’est d’ailleurs la plupart du temps par eux que tout arrive
volontairement je me place en vue, en générale au milieu de tous le monde, curieux ils s’approchent, trés vite une petite foule se presse autour de moi et du dessin, il faut parfois que j’use de ruse pour arriver à continuer ce que je fais, tant chacun veux être le plus prés possible de l’action, parfois en plein jour il fait nuit sur mon carnet, ils vivent le dessins en direct avec moulte « oh, ah », les discutions vont bon train
cet attroupement intrigue les plus grands qui finissent par s’approcher aussi
c’est effectivement la manière la plus tranquille que je connaisse et utilise sans retenues chaque jours à divers endroits de la ville
et donc au bout de deux semaine, ces gensses pour qui j’étais et un parfait inconnu, les ayants reconnus me reconnaisent
toutes ces têtes inconnues il y a peu sont devenues, issar, fatim, aziz, binta, abdou, mohamed
en me recroisant il me demande de pouvoir se revoir ou de revoir telle ou telle scène à laquelle ils ont participé
parfois quelqu’un que je ne connais pas encore mais qui lui m’a vu me demande un peu vexé : »et moi, tu ne m’as pas dessiné »
à l’épicerie l’on m’offre le café touba, à la dibiterie pour le même tarif, le sandwich double de volume, à la sortie de l’école, une foule de petit m’entoure et veulent me serrer la main et bien sur se revoir dans le carnet « tonton sarles, tonton sarles », ceux qui ne me connaissent pas m’appelle encore toubab, trés vite corrigé par les autres : « c’est tonton sarles »
et ça partout, de la même façon, la magie de la peinture opére
et tonton sarles est heureux, comblé, reconnu, entouré d’amour et de sachet d’eau fraîche
extrait de « les pieds su terre »